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25/07/2012

“La prochaine fois, je concourrai pour la Serbie !”

anggun.jpgLe passage il y a une semaine au Beau vélo de Ravel à Binche, Anggun revient sur son aventure à l’Eurovision, où elle représentait la France. “Je ne sais pas si c’était une bonne idée de participer à l’Eurovision mais j’y ai tout apprécié. En dehors du résultat, qui ne m’appartient pas, et vu comment la France se classe à chaque fois, je me demande si on doit encore y aller !”, sourit Anggun, chanteuse qui a banni la langue de bois de son dictionnaire. “On semble être tellement peu aimés… Et je crois que la prochaine fois, je représenterai la Serbie !” (rires)


La politique passe au-dessus des chansons ?

 

“En effet, c’est ce que je ne voulais pas croire… Mais finalement, c’est ce qu’on a obtenu comme résultat. C’est désolant, et ce sont des éléments qui n’ont rien à voir avec la musique. Loreen, la gagnante suédoise, est légitime dans sa victoire, mais à partir de la deuxième place dans le top 10, honnêtement, je ne comprends pas. Si c’est la qualité musicale qui est prise en compte, ça ne devait pas se passer comme ça.”

 

Votre album est celui qui s’est le mieux vendu à l’étranger, et le public européen est un peu passé à côté. Paradoxal ?

 

“Non, pourquoi ? J’ai représenté la France, ma chanson n’a pas plu aux téléspectateurs qui ont préféré les Mamies russes ou la chanson turque. Comment voulez-vous trouver des liens logiques dans le domaine artistique, par rapport à ça ? Après, on n’est pas responsables de ce que les autres pays proposent. Je n’aurais jamais imaginé que les Russes allaient faire un tabac. Je crois que le résultat global du Concours Eurovision n’a rien à voir avec la performance vocale. Il ne faut pas chercher à comprendre, et mon classement ne m’atteint pas personnellement. Là où il y a une déception, c’est que j’aurais voulu apporter quelque chose de différent par rapport à ce que proposait la France depuis des années.”

 

Vous vous êtes remise en question après l’Eurovision ?

 

“Non, parce que j’ai vraiment tout donné. Après, c’est la chanson qui n’a pas plu, ou ma robe, ou les danseurs… Nous, nous avons proposé ce qui nous paraissait être le meilleur, et en accord avec notre sensibilité. C’est pour cela que je portais Echo (You and I). Mais de toute manière, on ne peut pas plaire à tout le monde.”

 

Justement, on n’y retrouvait pas Anggun…

 

“Mais je ne crois pas que mon nom et ma popularité ont vraiment joué. Regardez le Royaume-Uni avec Engelbert Humperdinck qui termine dernier. Je n’ai pas fait du Anggun pour justement agir en tant que représentante française.”

 

Le public vous perçoit différemment depuis l’Eurovision ?

 

“Je ne crois pas. Il y a des fans qui se sont demandés pourquoi avoir fait le Concours Eurovision et d’autres qui ont trouvé ça plutôt génial. À côté, il y a des personnes qui m’ont découverte grâce au show.”

 

Vous êtes une artiste très engagée. Faire la fête à Bakou, ce n’était pas un peu gênant ?

 

“Grâce à l’Eurovision, on a pu parler de l’Azerbaïdjan. Les yeux de l’Europe et de la presse se sont braqués sur ce pays, alors que sans cet évènement, on n’en parlerait peut-être pas. L’Azerbaïdjan se trouve dans la ligne de mire des Nations unies pour le non-respect de pas mal de choses et de libertés. Et il ne faut pas oublier que c’est un pays jeune qui, il y a un peu plus de 20 ans, était sous l’emprise de l’URSS.”

 

Vous referiez l’Eurovision si on vous le demandait ?

 

“Non, c’est une expérience à faire une fois.”

 

De nouveaux projets après le succès de l’album Echos ?

 

“Après la tournée, je vais me pencher sur un nouvel album. Ma maison de disques voudrait déjà entendre quelques pistes pour le printemps 2013.”

 

Votre présence au Beau vélo de Ravel, c’est parce que vous êtes cycliste dans l’âme ?

 

“Non. (rires) C’est juste que pour moi, la musique est bonne partout. Et elle doit être accessible aussi partout, même pour les cyclistes !”

 

Interview > Pierre Bertinchamps

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